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Ma vocation, c'est l'amour (9) Convertir en PDF Version imprimable
Écrit par Soeur Marie-C.   


    2- Sa miséricorde :


    La miséricorde de Thérèse était admirable : elle s’abstenait de toute critique, de tout jugement défavorable sur son prochain : c’était, selon elle, l’un des principaux aspects de la charité. Pour elle, ‘avoir des pensées charitables’, c’était ‘s’abstenir de juger’[1]. Elle ne jugeait pas, non seulement pour obéir au précepte de Jésus : « ne jugez pas et vous ne serez pas jugés », mais en raison de cette réalité fondamentale, que si nous ne devons pas juger, c’est parce que nous ne pouvons pas juger en vérité.

    En effet, nous ignorons souvent l’intention qui fait agir notre prochain. Thérèse a appris à ses dépends que « ce qui paraît une faute peut très bien être, à cause de l’intention, un acte de vertu. » (cf Ms C, 13 v°). C’était au cours d’une récréation peu animée (M. Agnès était absente), une sœur vient demander de l’aide pour réceptionner un sapin de Noël à la porte de clôture. Thérèse se dit ‘quelle aubaine, pour quitter cette récréation ennuyeuse et me distraire !’mais volontairement elle tarde à se lever, pour laisser la place à une autre. Ceci fut interprété comme un manque de disponibilité et lui fut ouvertement reproché par une sœur. Elle retint la leçon et depuis lors, en voyant une sœur faire une action qui lui paraissait imparfaite, Thérèse s’employait, dit-elle, à « l’excuser, lui prêtant de bonnes intentions, qu’elle a sans doute » (Ms C, 27 v°).

    Par ailleurs, nous ignorons la valeur méritoire des efforts faits contre ses défauts, par la personne que nous voyons chuter. Notre sainte écrit :
« Je me dis que si je l’ai vue tomber une fois, elle peut bien avoir remporté un grand nombre de victoires qu’elle cache par humilité. » (Ms C, 12 v°).

Et son attitude n’était pas de pure abstention : sans s’aveugler sur leurs défauts, Thérèse s’efforçait de découvrir les qualités de ses sœurs. Au lieu de s’arrêter au caractère de Sr Thérèse de St Augustin qui lui était ‘très désagréable’, dit-elle, elle pensait que son âme devait être ‘très agréable au Bon Dieu’ (Ms C, 13 v°).

    Elle leur trouvait aussi des circonstances atténuantes , tel un défaut d’éducation, de tempérament ou d’intelligence. A Céline, elle disait :
« On doit toujours penser le bien, toujours excuser. Si aucun motif ne semble valable, il y aurait encore la ressource de se dire : telle personne a tort apparemment, mais elle ne s’en rend pas compte et si je jouis d’un meilleur jugement, raison de plus pour avoir pitié d’elle et pour m’humilier d’être sévère à son égard. » (CS p. 98)
 
 
 
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