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Ma vocation, c'est l'amour (6) Convertir en PDF Version imprimable
Écrit par Soeur Marie-C.   


            3- compassion devant les souffrances d’autrui :


Thérèse savait aborder ses sœurs souffrantes avec un grand respect de leur souffrance, en leur témoignant douceur et compréhension, leur rappelant discrètement la valeur rédemptrice de la croix.

            « Soyez bien douce avec Sr Saint-Raphaël, elle est malade. » recommandait- elle à Sr Marie de la Trinité (Procès Apostolique §1348).

Elle disait que l’office d’infirmière aurait été celui qui lui aurait plu le plus, car il lui eut été l’occasion d’agir avec beaucoup d’amour (cf CS p 94).

 Elle avait beaucoup de compassion pour les infirmités morales de ses sœurs. De Sr Marie de saint Joseph, au caractère neurasthénique difficile, qui dût d’ailleurs quitter définitivement le Carmel pour se faire soigner, elle dit :

            « Si vous saviez comme il faut lui pardonner, comme elle est digne de pitié ! Ce n’est pas sa faute si elle est mal douée…C’est comme une pauvre horloge qu’il faut remonter tous les quarts d’heure ! Ayez-en donc pitié. Oh ! comme il faut pratiquer la charité envers le prochain ! »

C’est en pensant probablement à elle qu’elle écrit dans son manuscrit :

            « Les âmes imparfaites ne sont point recherchées, sans doute on se tient à leur égard dans les bornes de la politesse religieuse, mais craignant peut-être de leur dire quelques paroles peu aimables, on évite leur compagnie. En disant les âmes imparfaites, je veux parler du manque de jugement, d’éducation, de la susceptibilité de certains caractères, toutes choses qui ne rendent pas la vie très agréable. Je sais bien que ces infirmités morales sont chroniques, il n’y a pas d’espoir de guérison, mais je sais bien aussi que ma mère ne cesserait pas de me soigner, d’essayer de me soulager si je restais malade toute ma vie. Voici la conclusion que j’en tire : je dois rechercher la compagnie des sœurs qui me sont le moins agréables, remplir près de ces âmes blessées l’office du Bon Samaritain. » (Ms C, 28 r°)

Thérèse s’offrit au service de Sr Marie de saint Joseph à la lingerie, et le resta pendant 14 mois, jusqu’à ce que, trop malade, elle dût rendre son tablier. Elle pouvait, 3 mois plus tard, écrire qu’au cours de l’année passée, elle avait compris bien des choses sur la charité…

Qui dira le dévouement d’une mère auprès de son enfant malade, l’attention aimante dont elle privilégie son enfant le plus fragile ?…Thérèse a su être une mère pour ses sœurs moins gâtées par la nature : qu’elle vous aide à être toujours dans vos familles le reflet de la tendresse miséricordieuse du Père, et de la compassion de Notre-Dame au pied de la croix de son Fils.
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