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Ma vocation, c'est l'amour (4 et 5) Convertir en PDF Version imprimable
Écrit par Soeur Marie-C.   

 I- Les manifestations extérieures :  la charité  effective de Thérèse

Sainte Thérèse

            1- serviabilité, disponibilité:


Un premier aspect de sa charité est son ingéniosité à rendre service : dés le début de son noviciat, elle témoigne :

        « Je m’appliquais surtout à pratiquer les petites vertus, n’ayant pas la facilité d’en pratiquer de grandes, ainsi j’aimais à plier les manteaux oubliés par les sœurs et à leur rendre tous les petits services que je pouvais. » (Ms A, 74 v°).

Elle mettait en particulier au service de ses sœurs ses petits talents de poésie et de peinture, y consacrant joyeusement tous ses temps libres, de sorte qu’elle n’en avait plus pour elle-même (cf Sr Marie des Anges, PA, 874).

Ayant remarqué qu’il est relativement facile d’offrir spontanément ses services, mais plus difficile de répondre à des demandes faites sans préavis et, parfois, sans délicatesse, elle s’appliquait à ne manifester jamais ni ennui ni fatigue, mais au contraire du contentement, et accomplissait tout ce qu’on lui demandait avec le sourire Il faut toujours avoir l’air très obligée et très honorée de rendre service » écrit-elle (Ms C, 17r°). C’est même avec les religieuses les moins agréables qu’elle avait les attentions les plus délicates : « Il semblerait qu’il suffisait de faire souffrir sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus pour en obtenir tout ce qu’on voulait »  a dit M. Agnès (PA, session 15, 9 juillet 1915).

Notre sainte était toujours disponible, s’attendant à être dérangée :

        « Rien ne me surprend jamais, je suis disposée au dérangement, je le veux, je compte dessus. Aussi, je suis toujours heureuse. » (Conseils et Souvenirs, p 96).
Pendant ses derniers mois, tandis qu’elle écrivait son manuscrit dans sa chaise de malade au jardin, elle était sans cesse interrompue par ses sœurs, qui croyaient lui faire plaisir en venant la distraire : ‘au lieu de s’impatienter ou de prier humblement qu’on la laissât tranquille, elle posait chaque fois sa plume et fermait son cahier avec un doux sourire.’: « Je ne sais si j’ai pu écrire dix lignes sans être dérangée…cependant, je tâche d’avoir l’air contente et surtout de l’être… » dit-elle alors (Ms C, 17 v°).

 
    Mille services à rendre, se montrer toujours disponible…n’est- ce-pas ce qui fait aussi le quotidien d’une mère de famille, ce que les enfants attendent en premier de leur maman? C’est leur manière ordinaire, parfois héroïque, de réaliser leur ‘vocation à l’amour’.

            2- affabilité, prévenances, patience :


Sr Thérèse était d’une grande affabilité ; elle veillait, par sa gaieté souriante, à entretenir dans la communauté une atmosphère de joie, qu’elle estimait indispensable à l’épanouissement des âmes. C’est surtout en récréation qu’elle semait la bonne humeur, par sa conversation agréable, spirituelle, à l’occasion piquante sans être moqueuse. ‘C’était un charme de l’entendre’ a-t-on dit ; avait-elle un empêchement, ses sœurs de soupirer : «Alors, nous n’allons pas rire aujourd’hui !»

Elle cherchait de préférence la compagnie des sœurs les plus maussades, pour les consoler : « Une parole, un sourire aimable, suffisent souvent pour épanouir une âme triste. » remarque-t-elle( Ms C, 28 r°)…et même de celles qui lui étaient le moins agréables. C’est ainsi qu’elle déployait habituellement tant d’amabilité envers Sr Thérèse de Saint-Augustin, que celle-ci crut que Thérèse éprouvait une particulière sympathie pour elle. Elle ne devina jamais combien elle était en fait l’objet d’une antipathie naturelle (Thérèse la trouvait trop empruntée et imbue d’elle-même) et l’occasion de grands combats intérieurs.

Avec beaucoup de patience, elle supportait les défauts des autres : ainsi la sœur qui avait la manie de faire grincer son dentier pendant l’oraison :

        « J’avais grande envie de tourner la tête et de regarder la coupable qui, bien sûr, ne s’apercevait pas de son tic, c’était l’unique moyen de l’éclairer ; mais au fond du cœur je sentais qu’il valait mieux souffrir cela pour l’amour du Bon Dieu et pour ne pas faire de peine à la sœur. Alors je tâchais d’aimer le petit bruit si désagréable… » (Ms C, 30 v°)

 
Même patience et charité prévenante  avec la vieille Sr St Pierre infirme, qu’elle s’était proposé de conduire au réfectoire le soir, se pliant de bonne grâce à toutes ses exigences, recevant sans sourciller ses plaintes et finissant par conquérir son cœur en lui offrant, avec son sourire, le service supplémentaire de lui couper son pain (cf Ms C, 29 r° et v°)

        «Ce n’est pas assez de donner à quiconque me demande, dit-elle, il faut aller au-devant des désirs.»(Ms C, 17 r°).

 On connaît l’histoire de la vieille sœur qui ne supportait pas le parfum des fleurs : après avoir orné de fleurs artificielles la statue de l’Enfant-Jésus, elle s’empressa de prévenir la méprise et le mécontentement de la sœur en l’interpellant joyeusement :

        «Voyez, ma mère, comme on imite bien la nature, on les croirait cueillies du jardin…» (CS p 89)

     Etre le soleil de la maison, facteur  de paix et d’encouragement pour chacun, instrument de réconciliation entre les divers membres de la famille, quelque soit le degré de fatigue personnelle…voilà encore un aspect de la charité où les mamans sont bien souvent sollicitées et où elles  peuvent s’appuyer sur l’exemple et l’intercession de Ste Thérèse !
  
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