|
A propos de la prière de demande « Chaque membre de la fraternité visite une fois par semaine au moins le Saint-Sacrement en dehors de la messe dominicale et dit quotidiennement une dizaine de chapelet, cet engagement simple servant de tremplin à une pratique plus intense de la prière personnelle et permettant un accès large à la fraternité. » « des listes de diffusion proposent un lien vivant entre les membres de la fraternité qui peuvent ainsi partager intentions de prières, joies et difficultés d’une mère chrétienne » La semaine dernière, j’ai été amenée à déposer une intention de prière dans mon groupe pour ma grand-mère alors à l’hôpital entre la vie et la mort. Cela m’a amenée à réfléchir sur le sens de la prière de demande et de la prière d’intercession (c’est à dire la prière de demande pour un autre que soi-même). S’agissait-il pour ma famille de demander au Seigneur la guérison de ma grand-mère ? De l’exiger en « échange » d’un certain nombre de prières, alors qu’elle a déjà un certain âge ? Ou plutôt de la confier au Seigneur ? Charles de Foucauld, dans sa belle prière d’abandon, dit qu’il « ne désire rien d’autre » que « Sa volonté se fasse en lui et en toutes Ses créatures ». Comment associer cet abandon à la volonté divine et la prière de demande ? Autrement dit, si nous devons accepter la volonté divine quant à la santé de ma grand-mère, si elle-même doit l’accepter, pourquoi prier pour elle ? Tout simplement déjà pour que nous ayons, elle comme nous, la force d’accepter cette volonté !
Il me semble qu’un élément de réponse est donné par Jésus lui-même dans le « Notre Père » où l’expression de son abandon à Dieu précède la demande : « Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel//Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » comme si les deux prières allaient de pair, comme si l’une n’excluait pas l’autre. Il semble même plaire à Dieu que, comme des enfants, nous lui demandions tout ce dont nous avons besoin pour aujourd’hui dans une totale confiance en son Amour. C’est même le Christ lui-même qui vient « le premier nous chercher et c’est lui qui demande à boire. Jésus a soif, sa demande vient des profondeurs de Dieu qui nous désire. La prière que nous le sachions ou non, est la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre. Dieu a soif que nous ayons soif de Lui. » (CEC 2560). Ce n’est donc pas parce que nous acceptons la Volonté divine ( ou tentons de le faire !) que nous ne devons rien demander ! Au contraire, « quand on participe à l’amour sauveur de Dieu on comprend que tout besoin puisse devenir objet de demande. Le Christ qui a tout assumé afin de tout racheter, est glorifié par les demandes que nous offrons au Père en son Nom. »(CEC 2633). Par la prière de demande, non seulement on se reconnaît comme créatures ayant besoin du Père mais en plus le Christ est glorifié ! Mais, attention, notre coeur dans la prière doit être humble, comme celui d’un « mendiant de Dieu »(St Augustin), et confiant, sachant que le Seigneur ne nous donnera pas de « pierre » ou de « serpent » à manger (Mat7 9-10) ! Pour la petite histoire, ma grand-mère va mieux ! Pour aller plus loin : la partie sur « la prière dans la vie chrétienne » dans le CEC (Catéchisme de l’Eglise Catholique). Aurélie novembre 2006 |