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Méditations des mystères lumineux Premier mystère lumineux: le Baptême de Jésus
Evangile selon saint Matthieu 3, 13-17 : “Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. 14 Celui-ci l’en détournait, en disant : "C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi !" 15 Mais Jésus lui répondit : "Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice." Alors il le laisse faire. 16 Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17 Et voici qu’une voix venue des cieux disait : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur.” Jean Baptiste annonçait un baptême pour la repentance des péchés... Jésus, lui qui est sans tâche aucune (1 P.1, 19), n’avait en rien besoin d’être baptisé. Et pourtant, il s’avance vers Jean et insiste pour être baptisé... Geste d’humilité qu’accomplit Jésus en notre nom, annonçant ainsi notre baptême. Et voici que l’Esprit se manifeste sous la forme d’une colombe et que la voix du Père retentit : « celui-ci est mon Fils Bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour »... Par là, Jésus nous dévoile le baptême comme mystère de la manifestation de la tendresse du Père... Par le baptême, nous sommes enfants bien-aimés du Père. Mais croyons vraiment que nous sommes aimés par un Père d’un amour personnel, qui surpasse toute la tendresse que nous pourrions imaginer ? Le cardinal Journet écrivait dans une lettre : « Je me rappelle la parole que m’avait dite, voilà longtemps un chartreux : « Si vous croyez à l’Amour de Dieu pour vous - mais c’est ici que viennent toujours les hésitations, car on connaît trop sa misère - vous serez un saint ». (p. 21 in « Charles Journet, Comme une flèche de feu, (lettres) Le Centurion , Paris 1981) Et il ajoutait « Il y a quelque chose de plus important que de savoir aimer Dieu, c’est de savoir qu’il nous aime. Ipse prior dilexit nos. Même quand on est insensible, le cœur de son amour descend sur nous. Et si l’on n’a pas dit non, il entre et creuse son silence dans le cœur. »(p. 22) Si nous avons la certitude d’être aimé, alors, nous pourrons être un saint, et rayonner de cet amour. Méditons cette dizaine, en demandant à Marie de nous apprendre à entendre la voix du Père qui ne cesse de nous dire depuis notre baptême « tu es mon enfant bien-aimé en qui j’ai mis ma faveur », demandons-lui de nous apprendre à croire à l’amour concret et quotidien du Père pour nous...demandons lui de nous apprendre à discerner cet amour dans tous les évènements de notre vie, joyeux, lumineux ou douloureux... demandons-lui ce cœur d’enfant qui sait discerner l’amour de son Père dans les petites choses du quotidien, et qui émerveillé, aime rendre grâce.... Deuxième mystère lumineux: les Noces de CanaEvangile selon saint Jean 2, 1-11 : “1 Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. 2 Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. 3 Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : "Ils n’ont pas de vin." 4 Jésus lui dit : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée." 5 Sa mère dit aux servants : "Tout ce qu’il vous dira, faites-le." 6 Or il y avait là six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. 7 Jésus leur dit : "Remplissez d’eau ces jarres." Ils les remplirent jusqu’au bord. 8 Il leur dit : "Puisez maintenant et portez-en au maître du repas." Ils lui en portèrent. 9 Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau changée en vin — et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau — le maître du repas appelle le marié 10 et lui dit : "Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent !" 11 Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. 12 Après quoi, il descendit à Capharnaüm, lui, ainsi que sa mère.” Il est plus d’un détail curieux dans cet Evangile... Nous le savons, le problème de ce mariage réside dans le fait que le vin des noces manque. Sur l’invitation de Marie, Jésus ordonne aux servants de remplir d’eau les jarres et de les porter au maître du repas... Remarquons tout d’abord que la demande de Jésus est très exigeante... Le texte de Jean nous parle de 6 jarres, de deux à trois mesures. Une mesure pour l’époque signifiait 45 litres.... Il ne reste plus qu’à faire une multiplication...pour réaliser que Jésus demande aux servants de puiser environ 1700 litres d’eau !!! Et ils ne disposaient pas de l’eau courante... C’est donc un travail bien fatiguant qui est requis...alors que les servants ne sont pas sûrs du résultat... N’oublions pas que Jésus est aux tous débuts de sa vie apostolique et qu’il n’est pas encore connu pour ses miracles. A la place des servants, avouons que nous aurions rétorqué à Jésus : « tu n’as pas bien compris.... c’est du vin que nous te demandons, pas de l’eau....et cela e sert à rien de remplir les jarres de toute cette eau inutile...ce qu’il faut, c’est les remplir de vin.... ». Et si Jésus, malgré nos résistances avait insisté, nous aurions pensé en nous-mêmes, doutant que Jésus puisse faire un miracle et transformer cette eau en vin : « vais-je me risquer à apporter ces jarres d’eau au maître du repas ?? Si le miracle « ne marche pas », j’aurais l’air « idiote » de lui présenter de l’eau, mais surtout, je risque de perdre ma place et de me faire renvoyer... Or, j’ai une famille, et je ne peux pas me risquer à ce genre d’imprudence légère... ». Alors, franchement, qu’aurions-nous fait ? Admirons la belle confiance et la belle obéissance des serviteurs... Peut-être ont-ils accepté l’effort du travail demandé, peut-être se sont-ils risqués à obéir parce que Marie avait dit comme pour les encourager : « tout ce qu’il vous dira faites-le » ? Mais, ils ont su dépasser l’apparente absurdité de l’ordre de Jésus, et ils en ont été largement récompensés. Large récompense en effet, puisqu’ils disposent d’environ 1700 litres de vin, et reçoivent les félicitations du maître du repas. Jésus a donné en surabondance et a surpassé leur espérance. Souvent, nous adressons des demandes à Jésus, nous lui exposons nos « manques », nos besoins, nos désirs...et nous avons l’impression qu’il ne nous donne pas ce que nous avons demandé... Souvent, ce qu’il peut exiger de nous à travers les évènements de notre vie semble aller justement à l’inverse de ce que nous avons demandé de tout cœur dans la prière (comme à ces serviteurs qui manquaient de vin à qui Jésus ordonne de puiser de l’eau). Si Dieu ne semble pas répondre pas à nos désirs qui se sont pourtant mués en prières de supplication, ne serait-ce pas qu’il vise un autre don mieux adapté ou plus grand (pensons aux 1700 litres de vin !!!) ? Ne serait-ce pas qu’il entend nous exaucer d’une manière différente de celle que nous imaginions ? Ne serait-ce pas aussi qu’il entend nous donner plus, et mieux encore que ce que nous demandons ? Il nous répond sûrement...mais ne nous arrêtons pas à la première réponse déroutante « Que me veux-tu Femme ? »... Il entend notre prière et y répond...mais bien souvent différemment de ce que nous attendions et réclame notre foi et notre confiance...si bien que nous peinons à percevoir ou accueillir la réponse... ou encore nous avons du mal à nous risquer à « obéir » à ce qu’il nous indique à travers les évènements ou les rencontres... En méditant cette dizaine, nous pouvons demander à Marie la grâce de ne pas nous décourager dans la prière, de ne pas perdre l’espérance devant ce qui peut nous paraître absurde ou incompréhensible dans notre vie...Demandons à Marie de nous guider sur ce chemin de la belle obéissance confiante à Jésus...sûres qu’il ne peut en jaillir que de la lumière. |